COMMENTAIRE [écrit] / LECTURE ANALYTIQUE [orale]

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ou, pour voir un candidat placés dans les conditions de l’épreuve, regardez ceci :

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1) Aborder un texte à partir des 6 questions indispensables :

FICHE-MÉTHODE : Pistes pour analyser un texte

(= Première étape du commentaire ou de la lecture analytique)

Pour étudier un texte, aidez-vous  des questions suivantes, et souvenez-vous des 5 W :

WHO = Qui ?

WHAT = Quoi ?

WHEN = Quand

WHERE = Où ?

WHY = Pourquoi ?

Nous ajouterons une sixième question, essentielle pour la littérature :

HOW ? = Comment ?

-> Ces questions sont utiles pour analyser un texte, mais il faut d’abord, pour le comprendre, vérifier le sens des mots et le lire avec votre sensibilité, vous laisser porter par les émotions qu’il véhicule, vous immerger dans l’univers de l’auteur.

-> Pour chaque question explorée, il faudra apporter des preuves. Il est toujours risqué de se fier à de vagues impressions. Toute analyse doit être justifiée.

1. Qui ?

  • L’auteur est-il présent dans son texte ?
  • Des indices de l’énonciation sont-ils repérables ?
  • Le lecteur est-il présent dans le texte, interpellé par l’auteur ?…
  • Quelles autres « présences » sont décelables dans le texte ? Quel est leur rôle ?

2. Quoi ?

  • Thème(s) ?
  • Genre littéraire ?
  • Type de texte ? (narratif/descriptif/explicatif/argumentatif ?) ; prose ou vers ? dialogue ?
  • Informations explicites ou implicites ? (= fonction référentielle)
  • Émotions et sentiments évoqués ? Visée ? Tonalité ou registre ? (= fonction expressive)
  • Comment le texte s’inscrit-il dans le programme de français, le cours ?

3. Quand ?

  • Contexte historique ?
  • Contexte littéraire ?
  • Indices temporels ?

4. Où ?

  • Repères spatiaux ?
  • Quelle vision des lieux est proposée ? Le décor est-il réaliste ? symbolique ? exotique ? neutre ? idéalisé ?…

5. Pourquoi ?

  • Les objectifs ou les intentions de l’auteur sont-ils décelables ?

6. Comment ?

  • Comment le texte est-il construit, structuré ?
  • Quels procédés d’écriture sont remarquables ? (= fonction poétique)
  • Quels sont les effets produits par le style sur le lecteur ?

 

2) Construire un commentaire, de la lecture du texte à la relecture de la copie :

fichier pdf MÉTHODE DU COMMENTAIRE

3) Préparer la lecture analytique d’un texte pour l’épreuve orale :

La méthode est celle du commentaire.  Cependant, pour cet exposé de 10 minutes sur un texte connu et préparé en 30 minutes, il ne s’agit pas de développer autant l’analyse car on vous demande de répondre à une question bien précise qu’il ne faut jamais perdre de vue lors de sa préparation.

Qu’il s’agisse de l’écrit ou de l’oral, il n’est pas conseillé de rédiger intégralement ses notes au brouillon pour les recopier exactement sur sa copie ou pour les lire ensuite face à l’examinateur -> réfléchissez bien au rôle du brouillon !

Quelques conseils :

I : Travaillez sur le texte, directement, chaque fois que vous le pouvez : annotez, surlignez, soulignez, encadrez, utilisez des systèmes de flèches, des symboles, des couleurs ; et surtout lisez et relisez pour vous imprégner de l’univers mis en place par l’auteur et de son style.

  • Comme pour un itinéraire que vous avez pris l’habitude d’emprunter, vous finissez par vous repérer plus facilement, et vous découvrez à chaque détour un élément nouveau que vous aviez ignoré auparavant.
  • Pensez à relier le texte à un contexte, cela peut vous aider à enrichir votre interprétation (ex : Le Mariage de Figaro a été écrit quelques années avant la Révolution Française, il est utile de le savoir…)
  • Au terme d’une analyse, vous connaissez si bien le texte que vous êtes capable de le réciter par cœur (ou presque…)

II : Ne soyez pas économes dans l’utilisation des feuilles de brouillon : pensez aux feuilles de papier recyclé !

Astuce : les feuilles de format A4 / paysage sont parfois plus pratiques pour faire des tableaux, des schémas, des synthèses, des plans…

  • Une page par partie de développement : Intro / Partie 1 / Partie II / Partie III (facultative) / Conclusion
  • Ainsi, vous pouvez aisément changer l’ordre des parties si en cours de route vous vous rendez compte que l’ordre retenu initialement n’était pas pertinent.
  • Si avez une partie de développement, formée de 3 paragraphes, et que vous n’arrivez vraiment pas à trouver la deuxième partie, car vous ne voyez plus rien à ajouter dans votre plan, c’est peut-être parce que vos trois paragraphes contiennent suffisamment de matière pour devenir des parties ; cela arrive fréquemment. Il ne vous reste alors qu’à prendre le titre de cette unique partie comme problématique générale du commentaire et à transformer les titres de vos paragraphes en titres de parties que vous parviendrez plus facilement à développer.

Plan n°1

Plan n°2

 I : …  ——>

 

1er §    ——-> 

 

 

2e §    ——–>

 

 

3 e §     ——->

II : ??? (pas d’idée)

 Pbtique I : …..

  • 1er §
  • 2e §
  • 3e §

II :  …..

  • 1er §
  • 2e §
  • 3e §

III :  …..

  • 1er §
  • 2e §
  • 3e §

 

  • Pour chaque argument, chaque idée sur le texte, pensez à rechercher quels procédés d’écriture les mettent en valeur (un tableau vous évite de l’oublier)

 

1re partie (-> Thèse n°1)

 

Arguments

Exemples/procédés   d’écriture + effets produits

1er §

2e §

3e §

III : Ne brûlez pas les étapes :

  • compréhension du texte (lecture minutieuse : globale, puis de plus en plus fine)
  • analyse (examen de l’organisation du texte, des oppositions et des convergences, des émotions exprimées et suscitées, des idées implicites ou soulignées avec insistance, de la rhétorique, de la poésie de l’auteur…)
  • plan (mise en valeur de la démarche grâce à l’élaboration d’un plan détaillé et équilibré, avec des transitions claires et logiques qui soulignent bien la progression de l’analyse)

IV : Pour un travail à la maison, il n’est pas interdit (litote) de faire quelques recherches au CDI ou sur le net, ce qui n’est en aucun cas synonyme de « copier-coller ».

Pour illustrer ce propos, une jolie métaphore de Montaigne :

« Les abeilles pillotent deçà delà les fleurs ; mais elles en font après le miel, qui est tout leur ; ce n’est plus thym ni marjolaine. » 

Chacun de nous façonne son esprit au contact des grands textes, butine et transforme ce qu’il a récolté en utilisant son esprit critique, sa sensibilité propre, son intelligence ; c’est ainsi que nous devenons capable de produire une réflexion personnelle nourrie de toutes ces lectures. Et notre miel nourrira peut-être à son tour d’autres personnes …

Tutoriels :

4) Rappels dans ce diaporama :

fichier ppt Commentaire et LA

5) Tous les éléments à vérifier :

L’introduction (= un § d’une quinzaine de lignes) est-elle complète et ordonne-t-elle bien les informations ?

  • contextualisation pertinente, en guise d’accroche (= en rapport évident avec le texte)
  • ‚présentation du texte suffisamment précise (= références du texte : auteur, époque, œuvre (titre souligné) + objectifs de l’auteur, thèmes, ton, originalité du texte ou inscription dans une tradition littéraire…) + si nécessaire, la situation de l’extrait dans l’œuvre intégrale
  • ORAL : lecture expressive du début du texte (ou du texte entier s’il est court)
  • ƒ ECRIT : projet de lecture qui découle des informations qui précèdent /

Est-il suffisamment large pour englober tous les éléments importants du texte ?

N’est-il pas trop général (passe-partout) donc valable pour n’importe quel texte littéraire ?

Ne pas sépare-t-il pas le fond et la forme ?

Est-il  en lien avec les questions soulevées par l’objet d’étude, avec les enjeux des thèmes et/ou de l’époque.

  • ORAL : énoncé de la question de l’examinateur
  • „ annonce des 2 ou 3 parties claire et logique (= thèses qui développeront le projet de lecture ou répondront à la question posée par l’examinateur à l’oral)

Rappel : un commentaire de texte/ une L. A. s’intéressent autant aux aspects littéraires, donc à l’écriture, qu’aux idées et aux thèmes du texte.



Le développement est-il bien construit (et rédigé, à l’écrit) ?

(= 2 ou 3 parties subdivisées en 2 ou 3 § d’une quinzaine de lignes chacun, marqués par des alinéas)

  • Au début de chaque partie, énoncez-vous des thèses nettement reliées au projet de lecture, afin de souligner votre fil conducteur (= la logique de votre démarche) ?
  • Au début de chaque paragraphe, énoncez-vous un argument pertinent par rapport à la thèse proposée ? (= chaque début de § indique quel est votre plan, sous forme de phrases-arguments)
  • Dans chaque paragraphe, proposez-vous divers exemples (= citations analysées avec soin) ?
  • Avez-vous eu recours à des connecteurs logiques pour relier vos remarques ?
  • Avez-vous pensé aux phrases de transition pour passer d’une thèse ou d’un argument à l’autre ?
  • Avez-vous évité la paraphrase (= simple reformulation du texte qui ne prend pas en compte l’écriture, le style) ?
  • Avez-vous varié les outils d’analyse ? (lexicaux, grammaticaux, syntaxiques, stylistiques ?)
  • Avez-vous pensé à éviter les répétitions et les lourdeurs du type « cela montre que », « comme nous pouvons le remarquer », « on voit bien que », … = formules creuses, à supprimer !)

ECRIT :

  • Avez-vous pensé à tout rédiger (= chiffres en lettres, bonne insertion des citations, titres d’oeuvres soulignés, pas de style télégraphique, mais des phrases complètes…)
  • Avez-vous indiqué les références de lignes ou de vers après les citations, entre parenthèses ? -> (lig. 8), (v. 10-11) ou avant, mais seulement si vous utilisez une formule du type : « des lignes 4 à 6, l’auteur emploie le conditionnel pour…. »

Ž

La conclusion (= 1 § d’une bonne douzaine de lignes) a-t-elle bien rempli sa double fonction ?

  •  Avez-vous récapitulé tous les éléments essentiels ?

= Résumez les principaux arguments et reliez les intérêts stylistiques aux thèmes abordés.

  • ‚  Avez-vous proposé une ouverture pertinente et justifiée ?

= Évitez de poser une question à laquelle vous auriez dû répondre auparavant.

= Gardez-vous de plaquer une autre référence dont on saisirait mal le lien avec le texte expliqué -> justifiez les rapprochements que vous souhaitez présenter.

 

6) Exemples rédigés :

Texte : « La Fille », fable de Jean de La Fontaine

L’ INTRODUCTION :

                        [1] La question de la fuite du temps est un thème philosophique omniprésent dans la littérature et les arts. [2] Elle a notamment été abordée par le fabuliste Jean de La Fontaine. Dans le second recueil des Fables, publié en 1768, il développe plusieurs varia­tions sur ce sujet sous la forme d’apologues, courts récits à visée didactique. Par ses vertus à la fois narratives et dramatiques et par sa portée morale, la fable se prête également à l’expression de la satire. Ainsi, « La Fille » met en scène une précieuse fort méprisante, qui semble trop assurée de ses charmes et de sa supériorité sur autrui. L’auteur ne stigmatise pas l’attitude de la fille de façon péremp­toire, mais il restitue avec vivacité le petit drame vécu par cette femme, d’abord en montrant de quelle manière elle rejette sans scrupules tous ses prétendants, puis en prouvant, non sans férocité, qu’elle ne peut finalement se passer d’un mari malgré ses dénégations dédaigneuses. [3] Afin de montrer comment cet auteur classique s’y prend pour divertir son lecteur tout en le faisant réfléchir au comportement de son personnage, [4] nous analyserons tout d’abord la mise en scène comique de cette jeune femme moqueuse ; ensuite, nous dégagerons l’impact de sa satire des précieuses ; enfin, nous verrons que ce récit comique comporte aussi quelques résonances tragiques liées au thème de la fuite du temps.

  • Retrait initial
  • Trois étapes qui s’enchaînent, sans alinéas :

[1] Phrase « d’accroche » ou « d’ouverture » qui intègre le texte dans un ensemble plus vaste (genre, courant littéraire, l’auteur dans son époque) => contextualisation.

Attention : Ne commencez jamais par « ce texte », il faut en effet d’abord le contextualiser.

[2] Présentation du texte = nom de l’auteur, titre de l’oeuvre, date de publication, thème du passage, sa teneur (De quoi parle t-il ?), son genre, son ou ses registres.

[3] Projet de lecture = question essentielle que soulève le texte, ou simplement l’intérêt principal du texte, ce qui fait son originalité (sans oublier de lier sa forme et sa signification).

[4] Annonce du plan =  thèses = deux ou trois parties du développement du commentaire présentées et reliées par des connecteurs logiques .

LA CONCLUSION :

                         [1] Cette fable satirique qui établit un parallèle entre la fille et le héron décrit auparavant, mime les attitudes et les réactions de ce personnage féminin, de moins en moins jeune au fil du texte et suit donc un déroulement chronologique. Dans ce cadre, le fabuliste accorde une grande place aux discours narcissiques de la fille, ce qui lui permet de renforcer la portée de la critique tout en donnant une grande force dramatique à son récit : il amuse son lecteur et l’incite ainsi à se moquer du défaut du personnage qui passe son temps à se moquer de ses prétendants et, qui, finalement, passe à côté du bonheur. Par son style vivant et incisif, La Fon­taine, croque ainsi les défauts humains en se servant d’anecdotes et de personnages emblématiques qui restent gravés dans la mémoire de générations de lecteurs. [2] A la même époque, les Caractères de La Bruyère et les comédies de Molière avaient une fonction similaire : mettre en scène les défauts humains pour amener chacun à se contempler dans ce miroir et à s’en corriger, autrement dit, plaire au lecteur et le divertir.

  • Retrait initial.
  • Deux étapes qui s’enchaînent sans alinéas :

[1] Synthèse qui rassemble les principales « découvertes » mises en évidence dans le développement et répond à la question posée initialement sur le texte (la problématique) -> jugement personnel sur les intérêts littéraires du texte.

Attention, n’introduisez pas de nouveaux centres d’intérêt qui auraient dû être traités dans le développement.

[2] Ouverture des perspectives qui met en valeur votre culture personnelle :

Interrogez vous par exemple sur l’intérêt du texte par rapport à l’oeuvre dont il a été tiré, à l’originalité de l’auteur, au contexte historique, au genre littéraire… Confrontez le texte avec d’autres textes ou œuvres artistiques qui abordent le même thème ou ont les mêmes objectifs, ou encore avec d’autres textes du corpus, de la séquence, ou du même mouvement littéraire.

 

Publié dans : ||le 21 novembre, 2014 |Pas de Commentaires »

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